Un site internet avec une âme

Le nouveau site internet est en ligne depuis un mois maintenant et je peine à le faire savoir et à faire la promotion de notre programme. A vrai dire, après des mois de travail agréable sur les textes, le graphisme et les traductions, je me sens totalement vidée. Un soupçon de dépression postpartum ? C’est fort probable, et j’ai souvent ressenti cela au cours de ma carrière académique au moment de soumettre une publication importante ou de rendre un dossier critique. Bien que je pouvais reconnaître les symptômes et sentir l’odeur familière de la peur des commentaires et réactions des autres ou de la morsure cruelle du feed-back des collègues compétitifs, je pressentais qu’il y avait plus à comprendre. J’ai donc décidé de rester avec les sensations désagréables et ma procrastination et de m’intéresser, avec curiosité, aux énergies subtiles qui se trouvaient en deçà. Allais-je pouvoir mener mon enquête avec bienveillance ?

En entreprenant ce nouveau voyage transformationnel, j’ai réalisé à quel point l’adage « Publie ou meurs » des milieux scientifiques m’avait affecté et continuait à l’impacter. J’ai découvert à quel point je suis hypersensible au feed-back et je peine toujours à recevoir du feed-back sans m’écrouler. J’ai découvert comment le juge intérieur se met au garde à vue avant que quiconque ait pu dire un mot ou faire un commentaire, puis se comporte en Don Quichotte attaquant les évaluations imaginaires et en brandissant ses armes. Bon sang, j’ai bel et bien internalisé les jugements et les critiques. Pas facile d’admettre combien j’ai été loyal à un système qui ne soutient pas toujours le développement à la fois individuel et collectif en développant, par fidélité, des stratégies d’auto-sabotage ! Ce n’est pas une réalisation des plus agréables, surtout quand je prends conscience de nombreuses fois où j’ai été cassante ou indûment critique du travail des autres dans un effort de me protéger de mes autocritiques.

Puis, deux choses, apparemment anodines, se sont passées. La première a été une conversation que j’ai eue avec mon grand ami, Vincent ; il me racontait une formation qu’il avait suivie pendant laquelle il a pris conscience des stratégies de manipulation qui sont souvent utilisées dans le milieu commercial. Tandis que nous le commentions, j’ai soudainement eu l’impulsion de dire que la manipulation n’était pas possible au niveau de l’âme, seulement au niveau de l’égo. Seul l’égo ou la personnalité peuvent être blessés, offensés, meurtris, rancuniers, etc. La seconde a été le feed-back que j’ai reçu de Memoo, l’équipe de gars formidables, qui ont mis en forme et géré la publication du site internet. Dans son commentaire, Rasmus a écrit, «  [Nicole] met son cœur et son âme dans tout ce qu’elle entreprend ». C’est, là, que quelque chose a fait tilt !

J’ai pu me questionner sur le sens du site internet et observer mes peurs de me montrer au monde, publiquement, sous un autre angle. De nouvelles questions ont surgi. Le site internet est-il l’expression de mon égo/personnalité qui est encore nourri de l’énergie compétitive qui fait loi dans le monde scientifique ? Quelle partie de moi se sent déloyale ou un traître par rapport ma famille scientifique ? Pourquoi est-ce que je résiste à me déclarer comme leader spirituel et à poursuivre la mise en œuvre de Yggdrasil Living Wholeness ? Comment se fait-il que je peine tant à sortir de ma zone de confort et à m’aventurer dans des territoires inconnus ?

J’ai alors senti les différences entre un site internet nourri par l’égo avec des activités promotionnelles de soi et l’envie de trouver sa place et un site internet, expression de l’âme, qui cherche à fournir un espace nourrissant et de guérison et à soutenir le sentiment d’appartenir. Bien que cela puisse paraître simplificateur et un peu dualiste, cette distinction m’aide à différencier les motivations derrières mes pensées et actions. Bien sûr j’en sais énormément sur mes impulsions, souvent basées sur la peur, d’écrire, d’être entendue, d’être considérée et d’être, enfin, reconnue. Mes années dans les universités ont renforcé ces peurs, à nouveau, en raison du leitmotiv « Publie ou meurs ». Je sens à quel point cette croyance erronée s’est installée en arrière-fond. Il est sans doute temps pour moi de la lâcher et de croire en la possibilité d’un site internet, expression de l’âme, qui attirera des personnes intéressées à explorer les nouveaux territoires que John et moi parcourrons, avec l’aide de nos compagnons de route. D’autres semblent croire en mes aptitudes à le faire, tout come de vivre selon les lois de l’âme. Il est temps que je commence à croire en moi.

La rédaction de ce blog m’a aidé à clarifier quelques points. Tandis que la lumière éclatante de Bornholm rayonne sur notre maison et jardin, je sens la force de notre projet inscrit dans un chemin de développement spirituel et, au plus profond de moi-même, je sais que tout va bien.

Bien affectueusement, Nicole

P.S. Peu après avoir posté ce blog, je suis tombée sur une communication hebdomadaire de Robert Holden où il décrit les différences entre le Juge intérieur et le Coach intérieur. Comme il le dit, le Juge intérieur est une voix faite de « NON » qui vient d’un état d’esprit imprégné de peurs ; il est dirigé par l’égo et cherche à faire les choses tout seul. En revanche, le Coach intérieur est une voix faite de « OUI » qui vient d’un état d’esprit impregné d’amour ; il est inspiré par l’âme et est ouvert à diverses formes de soutien et d’accompagnement. Cela m’a semblé une description très pertinente des conversations intérieures que j’avais expérimentées autour du site internet ; cela m’a fait du bien d’être entendue et de ne plus être seule à discerner, en moi, entre le Juge intérieur et le Coach intérieur. Maintenant, c’est avec une nouvelle curiosité que j’entre en moi pour écouter : quelle voix est-ce que j’entends ? Est-ce que je peux accorder plus de place au Coach intérieur ? Et qu’en est-il pour vous ?