Travaux de transformation en cours

Mon dernier blog remonte à six mois et je m’interroge sur mon silence prolongé au point d’être devenue quasi muette. Qu’est-ce qui me retient ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à m’asseoir pour développer les quelques idées innovantes que j’ai consignées dans mon carnet d’écriture créative ? « Elles sont pourtant géniales ces idées et il suffirait d’une heure pour les transformer en un texte plein d’esprit », me dit une certaine voix intérieure.

Au cours des derniers mois, j’ai beaucoup entendu cette voix insistante et peu bienveillante qui m’incitait à prendre sur moi et à m’engager à écrire régulièrement. Cette voix me disait aussi que je suis paresseuse et qu’il est grand temps que je me remette au travail après deux années de pause. Quand Facebook me répète que cela fait très longtemps que mon public ne reçoit pas de mes nouvelles, cette voix hausse le ton. Aussitôt, je sens mon énergie battre des ailes et l’écriture sans joie faire son retour sur la scène tandis que je m’assèche sur place.

« Il est hors de question que je devienne l’esclave de mon site internet et du blog », dit une autre voix rebelle qui, selon moi, représente mon Moi souverain. Plus je contemple mes notes, plus je sens mon énergie faillir comme si les idées capturées appartiennent à un autre monde, à un passé lointain. Chaque dimanche soir, au moment de dresser la liste des mes objectifs hebdomadaires, j’ai scrupuleusement noté des projets d’écriture (plus souvent pour les autres que pour moi-même) et, arrivé le vendredi, ils avaient tous été rayés de la liste. Il n’en demeure pas mois que j’ai continué à m’y accrocher comment s’ils définissaient mon identité et que je suis.

Il m’a fallu plusieurs semaines pour réaliser que je faisais de même avec toutes mes intentions et les divers projets qui surgissaient de mon esprit créatif tournaient en rond. Pourquoi est-ce que je perdais mon intérêt et ne suscitais aucun enthousiasme avec mes projets ? Petit à petit, j’ai pris conscience que je me trompais de cible et que j’agissais en m’appuyant sur des vieilles pensées relatives au travail et comment je devrais gagner ma vie.

La procrastination s’est révélée être une expérience de transformation pour laquelle je suis reconnaissante. J’en suis arrivée au point où j’ai compris que je pouvais cesser de me taper la tête contre le mur, comme le dit souvent John. Il était temps pour moi de lâcher prise … totalement … et c’est ce que j’ai fait. Plus de listes de choses à faire. Plus de pression à l’écriture. Plus d’activité de promotion de l’entreprise. Plus de rumination sur ce que je devrais faire ou sur comment gagner ma vie à partir de ma passion. Il ne restait que le laisser faire …

Je me suis autorisée à vivre pleinement le vide et la vacuité qui frappent à ma porte quand je cesse de « faire » ou d’être focalisée sur les résultats. Depuis, j’apprends à simplement être, et je m’en réjouis. John me dit qu’il y a « une nouvelle moi » qui émerge, à la fois joueuse et joyeuse, avec une touche d’espièglerie qui évoque les crasses d’enfance. La liste des soucis s’est évaporée et les peurs se sont estompées. Je me sens plus connectée à la vie, plus ouverte à recevoir l’abondance qui vient à moi. Depuis ici, toutes les possibilités sont possibles et les blocages d’autrefois sont transmutés. De nouveaux projets stimulants surgissent dans des espaces inattendus. Et, plus que tout, après des mois de ce qu’est apparu comme une stagnation, les travaux de rénovation/transformation de la maison viennent de commencer. Dans quelques mois nous aurons un espace d’accueil pour nos activités et visiteurs.

Inutile de préciser que toutes les idées créatives ancrées dans mon passé ont été tendrement retirées de mon carnet et j’ai commencé à en semer des nouvelles. Elles fleuriront au moment opportun. Je peux lâcher toute la pression à la performance que j’ai connue et savourer chacune journées quoique je fasse ou ne fasse pas. Je suis un changement qui compte et qui contamine le monde à l’image de la maison qui reçoit un lifting complet. Et la dernière chose que je vais faire, dans un mois venu la fin de l’année, c’est de prendre des résolutions de Nouvel An. Le changement est déjà présent. Nul besoin de le forcer. Laissons-le se déployer sans effort.