Quel sera votre prochain pas ?

2018 démarre …

Nous venons de passer une dizaine de jours en Espagne à explorer les cités magiques d’Andalousie où les cultures et les civilisations se sont rencontrées, mélangées et opposées depuis l’époque des romains. Nous avons contemplé les strates laissées par les conflits et les alliances entre les monarques et princes de la péninsule ibérique, les tentatives d’unifier le pays par des mariages royaux et des réformes, sans compter le fondamentalisme religieux et les persécutions politiques qui ont forgé l’Espagne au cours des siècles. Tous les mouvements d’exclusion et les divisions qui en résultent sont encore très présents dans les monuments comme dans les tentatives de croire en une prospérité éternellement croissante. Malgré tout, sous la surface bruyante et agitée des touristes posant devant les monuments historiques pour augmenter leur collection de selfie ou paradant dans les zones commerciales alourdis par leurs sacs volumineux, nous avons aussi pu sentir l’approche inclusive née à l’époque où les peuples et les croyances religieuses vivaient en harmonie plus enclins à se nourrir de la terre et à honorer l’abondance, la beauté et la quiétude des paysages. L’Andalousie est certes un pays de contrastes où nous pouvons rencontrer le connu et l’inconnu dans notre quête de la plénitude.

Un moment à ne pas oublier est celui où j’ai contemplé la tombe de Christophe Colomb dans la cathédrale de Séville. C’est un monument gigantesque, difficile de le rater. Sur une immense dalle, quatre figures masculines robustes représentant l’Espagne et les Amériques portent une bière. Le monument capture la détermination d’aller de l’avant, de croître, de conquérir et de ramener des richesses sans limites. Les quatre porteurs incarnent les énergies archétypales du souverain, du guerrier et de l’explorateur. Je pouvais sentir pleinement l’intensité de leur mouvement vers le futur, m’attendant presque à les voir marcher sans peur à travers la cathédrale avec tous leurs emblèmes et insignes en démonstration de la puissance de croire en un monde de possibilités et en la conquête de l’impensable.

A nouveau de nombreux touristes entourent la tombe tous soucieux de voler un selfie qui sera immédiatement mis en ligne. Se souviennent-ils de qui était Christophe Colomb et de ce qu’il a fait ? Sont-ils conscients de l’orchestration subtile qui lui a permis d’entreprendre son voyage ? Que savent-ils des manœuvres politiques en coulisse ? Comment mesurent-ils les conséquences de ses découvertes ? Que savent-ils de la peur ou du désespoir qui a pu le pousser à franchir le seuil ? Tandis que je me tenais devant sa tombe à projeter mes questions sur les touristes accaparés par leurs photos, j’ai pu progressivement ralentir mes pensées, entrer en moi et me connecter à un sens plus profond de l’aventure de l’humanité et aux forces invisibles qui nous emmènent au-delà du connu dans des territoires inconnues et à travers le chat de l’aiguille.

Christophe Colomb représente pour moi l’archétype de l’explorateur qui part en quête sans plan ou carte prêt à accueillir ce qui adviendra et à recevoir le futur émergent. Cela vient avec une invitation à lâcher les vieilles croyances qui ne nous servent plus et à se préparer à changer et, ce faisant, à changer le monde autour de nous. Au cœur de la cathédrale de Séville, je pouvais soudainement me connecter au sens profond des pas entrepris par Colomb alors qu’il ouvre tout grand les portes vers le monde des découvertes. Bien évidemment, je connais les faits historiques ainsi que l’héritage culturel et scientifique issu des grandes découvertes. Seulement, silencieusement devant sa tombe, j’ai compris l’essence même de l’archétype de l’explorateur et j’ai compris toute l’importance de ce premier pas.

Je me suis aussi rappelée de quelque chose que j’ai souvent lu et entendu à propos des prochaines découvertes pour l’humanité. Nous sommes nombreuses et nombreux à penser que le voyage est désormais intérieur tandis que nous explorons le monde volatile, incertain, complexe et ambigu qui est le nôtre. Ce voyage intérieur nous permet de comprendre le monde extérieur que nous créons, de reconnaître pleinement ce qui est mouvement en nous et d’en assumer la présence, et d’être le changement que nous voulons apporter dans le monde. Puisqu’une nouvelle année vient de commencer, j’ai également lu plusieurs commentaires intéressants sur les résolutions de nouvel an, quand nous nous promettons de nous améliorer et de grandir, d’entamer des transformations importantes, de servir et d’apporter des changements durables alors que, le plus souvent, nous finissons par faillir malgré nos meilleures intentions. Cela m’a rappelé l’importance de l’engagement à aller de l’avant, le courage dont nous avons parfois besoin pour faire ce premier pas et les inévitables résistances que nous rencontrerons en cours de route.

Ces pensées m’ont conduite à réfléchir à mes prochains pas. Puis-je être inspirée par Colomb pour surmonter mes résistances ? Est-ce que j’ose vraiment être authentique ? Est-ce que je m’autorise à m’épanouir sans réclamer désespérément sécurité et confort ? A quoi suis-je suis prête à renoncer et à me libérer afin que je puisse écarter les illusions qui me retiennent ? Mes prochains pas consistent à donner naissance à Yggdrasil Living Wholeness et à lancer le programme pour 2018. Une toute nouvelle aventure avec un nouveau site à la fin du mois et un cours en ligne qui porte sur le leadership serviteur. Tandis que je fais le premier pas, je commence à croire en mon aventure – tout comme Colomb croyait pouvoir trouver une nouvelle route vers les Indes – et je fais confiance que, quelles que soient les circonstances, je servirai les changements durables et profonds à l’intérieur comme à l’extérieur et que d’autres se rassembleront autour de moi dans mes explorations de la plénitude.

Quels seront vos prochains pas ? Pouvez-vous réveiller l’explorateur en vous et lui demander de vos emmener vers le future émergent ?